Y'a de ces constats dans la vie qui reviennent sans cesse.
Je suis une fille.
Non, sans blague...! Bin oui, je suis une fille, pis ça veut dire plein de trucs stupides et difficiles à contrôler. Genre que oui, quand j'suis menstruée, j'suis plus à fleur de peau. Pis que quand j'aime un gars, j'ai envie d'être avec lui tout le temps, qu'il partage ma vie au complet, qu'il rencontre ma mère, qu'il rencontre mes amis, que ça lui tente de faire semblant de retenir mon anniversaire même s'il l'a juste écrit sur un post-it. Ça veut dire que j'vais être fatigante pis mettre de la pression, pis que le gars saura pu où se mettre pis comment faire pour avoir la paix. Et plus il va reculer, plus j'vais pousser, plus il va reculer. Ça veut dire que j'ai besoin d'extérioriser la très grande majorité des sentiments que j'ai : c'est pour moi une preuve de confiance et d'amour de parler de moi-même aux autres (ou alors c'est juste du nombrilisme), et dans ma tête, si quelqu'un refuse de me parler de ce qui le tracasse, c'est parce qu'il ne m'aime pas, ou plus, ou pas assez. J'suis une maudite fille, pis ça veut dire que j'me tape un babyrush à 25 (oups, 26) ans et que j'ai un tas de défauts généralement liés aux émotions. Des fois, j'ai le goût de regarder un film cul-cul pis de m'imaginer que ça existe, un amour comme ça. Des fois, même, j'aimerais ça que les gars s'en rendent compte pis montent des petites mises en scène cutes pis romantiques, pas juste pour me faire plaisir, mais pour eux-mêmes être contents du moment passé avec la fille. La fille en moi veut qu'on prenne soin d'elle, elle veut des bras de gars pour la serrer fort quand tout chie pis qu'elle est stressée. Ça veut dire que j'trouve les chats cutes, les serpents dégueux, pis le sport plate. Ça veut aussi dire que j'espère que tu lis ce que j'écris pis que j'soupire en pensant à toi.
Ça serait peut-être du pareil au même si j'étais un gars (sauf pour les menstruations). Pis y'a sûrement une bonne gang de filles qui n'ont aucun rapport avec la description que j'donne.
Mais moi, je suis fifille de même, pis caliss que j'trouve ça lourd, des fois. Genre là.